Ronfler ne signifie pas forcément souffrir d’apnée du sommeil. Le ronflement est très fréquent et peut rester sans conséquence particulière sur la santé. Mais lorsqu’il s’accompagne de pauses respiratoires, de réveils fréquents ou d’une fatigue importante dans la journée, il peut être le signe d’un syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil.
La différence n’est pas toujours facile à identifier seul, d’autant que les événements se produisent pendant la nuit. L’entourage est d’ailleurs souvent le premier à remarquer que quelque chose semble inhabituel dans la respiration du dormeur.
Le ronflement n’est pas toujours synonyme d’apnée du sommeil
Le ronflement correspond au bruit provoqué par la vibration des tissus de la gorge lorsque l’air rencontre une résistance au niveau des voies respiratoires. Il peut être occasionnel, par exemple en période de congestion nasale ou après une consommation d’alcool, mais aussi devenir régulier.
Certaines personnes peuvent ainsi ronfler chaque nuit sans présenter d’apnées du sommeil. On parle alors de ronflement simple ou de ronchopathie isolée.
Même s’il peut être gênant pour l’entourage, le ronflement seul ne signifie donc pas nécessairement qu’il existe des arrêts de la respiration pendant la nuit. En revanche, lorsqu’il est particulièrement intense, ancien ou associé à d’autres symptômes, il mérite davantage d’attention.
Que se passe-t-il en cas d’apnée du sommeil ?
Dans le syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil, les voies respiratoires se ferment partiellement ou complètement de manière répétée pendant la nuit. La respiration diminue fortement lors d’une hypopnée ou s’interrompt momentanément lors d’une apnée.
Ces événements respiratoires peuvent provoquer des micro-éveils dont la personne n’a généralement pas conscience. Le sommeil devient alors plus fragmenté et moins réparateur.
C’est l’une des principales différences avec un simple ronflement : l’apnée du sommeil ne se limite pas au bruit de la respiration. Elle perturbe réellement la ventilation nocturne et peut avoir des répercussions pendant la journée.
Quels signes peuvent faire penser à une apnée du sommeil ?
Certains signes doivent particulièrement attirer l’attention. Le premier est l’apparition de pauses respiratoires observées par le conjoint ou l’entourage. Le ronflement peut alors être interrompu par quelques secondes de silence, avant une reprise parfois bruyante de la respiration.
Des sensations d’étouffement ou de suffocation pendant la nuit peuvent également être présentes. Au réveil, certaines personnes ressentent une fatigue importante malgré une nuit qui semblait suffisamment longue. Des maux de tête matinaux, des difficultés de concentration ou une somnolence excessive dans la journée peuvent également apparaître.
Ces symptômes ne suffisent cependant pas, à eux seuls, à confirmer une apnée du sommeil. À l’inverse, l’absence de somnolence importante ne permet pas non plus de l’écarter.
Pourquoi l’apnée du sommeil doit-elle être diagnostiquée ?
Un ronflement isolé et une apnée du sommeil n’ont pas les mêmes conséquences. Lorsque les apnées se répètent au cours de la nuit, elles peuvent entraîner une mauvaise qualité de sommeil et une somnolence diurne qui peut devenir problématique dans la vie quotidienne, notamment lors de la conduite.
À plus long terme, le syndrome d’apnées du sommeil est également associé à une augmentation du risque de certaines complications cardiovasculaires et métaboliques. Il est donc important de ne pas considérer systématiquement un ronflement important comme une simple nuisance nocturne.
Comment savoir avec certitude s’il s’agit d’apnée du sommeil ?
Écouter son ronflement ou utiliser une application peut donner certaines indications, mais cela ne permet pas d’établir un diagnostic.
Lorsque les symptômes font suspecter une apnée du sommeil, un enregistrement du sommeil permet d’étudier la respiration pendant la nuit. Selon la situation, une polygraphie ventilatoire ou une polysomnographie peut être réalisée. Ces examens permettent notamment de repérer les apnées et les hypopnées et d’en mesurer la fréquence.
L’indice d’apnées-hypopnées, ou IAH, permet ensuite d’évaluer la sévérité du trouble et d’orienter la prise en charge.
Une prise en charge adaptée avec Thomas Cuvelier
Face à un ronflement régulier, l’objectif n’est donc pas de conclure immédiatement à une apnée du sommeil, mais de rechercher les signes qui peuvent justifier des explorations complémentaires.
Au Centre Santé Sommeil, Thomas Cuvelier participe à cette approche centrée sur le patient et ses symptômes. L’analyse du ronflement, de la qualité du sommeil, de la respiration nocturne et du retentissement pendant la journée permet d’orienter les examens nécessaires et de proposer une prise en charge adaptée lorsque cela est nécessaire.
Un ronflement peut être simplement gênant, mais il peut aussi constituer le premier signe visible d’un trouble respiratoire du sommeil. En cas de doute, et particulièrement lorsque des pauses respiratoires ou une somnolence dans la journée sont présentes, réaliser un bilan permet de faire clairement la différence.